Les boxes pieds-poings à Rouen et en Haute-Normandie

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COACH : homme de coin, homme de l'ombre

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Un coach sportif quelle que soit la discipline qu'il encadre, est avant tout un éternel étudiant, curieux de tout ce qui touche de près ou de loin à sa, ou ses, spécialités sportives.

C'est ainsi que, personnellement, après plus de 25 ans d'expérience, je passe encore des heures à lire, ou à surfer sur le net pour tenter de trouver des informations pertinentes sur les sports de combat, et la préparation physique et mentale.

C'est donc en tapant sur Googel  ''boxe + sophrologie'', que je suis tombé sur le blog de Jean-Jacques MENUET , médecin du sport & sophrologue, et lu l'article ci-dessous.

BOXE: séance de sophrologie pour optimiser la gestion d’un combat

  14 mars 2010 par Jean Jacques Menuet                                                                          

                                              

'' Je vous propose un exercice de sophrologie dont l’objectif est d’optimiser le mental dans ce sport qu’est la boxe, sport basé sur la technique, le physique, l’intelligence du combat mais également basé sur des facteurs psychologiques. Cet exercice peut être réalisé par un boxeur amateur qui souhaite « renforcer son MENTAL »

MAIS il s’agit d’une séance « généraliste » dont l’objectif est limité à vous faire découvrir cet outil qui ne peut représenter QU’UN complément, qui JAMAIS ne remplacera la relation psychologique entre le boxeur et son coach car au final le coach est le meilleur préparateur mental du sportif, quelque soit le sport.

Je ressens toujours beaucoup d’émotion, quand de ma chaise à proximité immédiate du ring, j’observe avec un immense intérêt le coaching de l’entraîneur pendant la minute de repos: ses mots, ses gestes, la force de son regard, la charge émotionnelle, … une minute où le temps semble suspendu… très, très impressionnant.

Cet outil qu’est la sophrologie  ne remplacera JAMAIS l’acceptation par le boxeur des charges d’entraînements nécessaires et adaptées au désir de progresser de chacun d’entre vous.

Et SURTOUT cet exercice n’a RIEN de magique, bien évidemment.''

 

 

 

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En fait, à la base, je cherchais des informations sur les compétences, et les savoir-faire indispensables pour être un bon coach de boxe pieds-poings.

Attention, j'entends ici par coach, l'homme de coin lors d'un combat, et non pas l'entraîneur, même si à 99% du temps, il s'agit de la même personne...mais je vous dirai plus bas, pourquoi je fais cette distinction entre les deux fonctions.

 

Après avoir cherché, et recherché sur le net une page, un blog, un article, je n'ai rien trouvé à ce sujet, ou en tous cas ,rien de vraiment pertinent et novateur.

Je me suis donc rabattu sur la préparation mentale, et lu avec grand intérêt l'article de Jacques Menuet, et notamment les deux phrases suivantes :

 

'' MAIS il s’agit d’une séance « généraliste » dont l’objectif est limité à vous faire découvrir cet outil qui ne peut représenter QU’UN complément, qui JAMAIS ne remplacera la relation psychologique entre le boxeur et son coach car au final le coach est le meilleur préparateur mental du sportif, quelque soit le sport.

 

Je ressens toujours beaucoup d’émotion, quand de ma chaise à proximité immédiate du ring, j’observe avec un immense intérêt le coaching de l’entraîneur pendant la minute de repos: ses mots, ses gestes, la force de son regard, la charge émotionnelle, … une minute où le temps semble suspendu… très, très impressionnant. ''

 

Un sophrologue impressionné par les mots, les gestes, le regard, l'attitude du coach pendant la minute de repos, et qui n'hésite pas à dire que ce dernier est le meilleur préparateur mental du sportif. Voilà de quoi donner à réfléchir...

 

Donc le coach, en tant qu'homme de coin, (mais aussi en tant qu'entraîneur) doit être capable de préparer mentalement son compétiteur.

Faut-il encore que le coach soit conscient de cette fonction, et surtout qu'il en ait les compétences !!!

 

Pas évident du tout, lorsque l'on voit l'excitation, la fébrilité, voire la panique qui règnent parfois dans le coin du ring lors de la ''minute de repos''.

''Minute de repos'' qui théoriquement devrait permettre au combattant de récupérer physiquement, mais aussi psychologiquement, et de se ''rebooster'' mentalement pour repartir au charbon...

 

Hélas, il n'y a rien de pire pour un combattant que de retourner lors de la minute de repos dans un coin totalement désorganisé, où tout le monde y va de son conseil, mais où personne ne sait qui doit donner à boire, poser la poche de glace sur la nuque, glacer un hématome, etc, etc...

 

Mon expérience personnelle de compétiteur, puis toutes ces années à préparer, et à coacher des compétiteurs, m'ont permis de tirer quelques leçons de mes échecs, mais aussi de mes réussites sur, et à côté du ring.

 

Je vous donne ci-dessous quelques pistes de réflexion sur le coaching lors d'un combat.

 

En boxe pieds-poings, il existe très peu de clubs en France qui peuvent se dire réellement professionnels. Presque tous les clubs de l'hexagone sont des associations régies par la loi de 1901, ne comptant dans leur rangs qu'une poignée de compétiteurs dont les bourses de combat ne permettent pas à ces derniers de vivre de leur sport.

Les clubs n'ont donc pas les moyens de s'offrir les services d'un préparateur physique, d'un kinésithérapeute, d'un sophrologue, et parfois même d'un entraîneur diplômé !!!

 

On est donc très, très loin du fonctionnement d'une structure sportive professionnelle.

 

Alors comment ça se passe ???

 

Et bien généralement, l'entraîneur recrute au sein du club les personnes qui vont le seconder dans le coin lors des compétitions.

Ce recrutement reposant le plus souvent sur la bonne volonté des candidats aux postes de soigneur, et d'aide-soigneur, et non pas en fonction des compétences requises.

 

C'est ainsi que l'on se retrouve avec des hommes de coin plein de bonne volonté, mais souvent peu productifs, voire contre-productifs dans le feu de l'action par manque de formation.

 

Combien de fois ai-je vu dans les vestiaires, un coach demander  à un membre de son club, à la base simple spectateur, de venir dans le coin pour faire le soigneur !!!

 

Pire, j'ai même vu des combattants me demander de les coacher parce que leur coach n'était pas disponible ...

J'ai même l'un de mes anciens compétiteurs, parti en Thaïlande avec l'équipe de France pour les championnats du monde amateurs de muay-thaï, qui a été oublié dans le vestiaire... l'équipe d'encadrement avait tout simplement ''zappé'' qu'il s'était qualifié pour la finale ...

 

Franchement ce n'est pas sérieux !!!

 

Tout ça fait très amateur dans le sens négatif du terme, car même si en boxe pieds-poings l'immense majorité des clubs qui emmènent des combattants en compétition n'a pas les moyens d'une structure professionnelle, rien n'empêche l'équipe d'encadrement du club d'avoir une organisation carrée, et un mode de fonctionnement réfléchi !!!

 
 
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Dans les ''Rocky'',  Burgess Meredith campe Mickey, un coach à l'ancienne très attachant, et très réaliste

 

C'est au coach de choisir ses seconds, et d'organiser le fonctionnement dans le coin du boxeur, mais aussi dans le vestiaire avant, et après le combat.

 

 

Au club, bien en amont de la compétition, le coach définit le rôle de chacun, et vérifie les compétences, et savoir-faire de ses collaborateurs : le soigneur, et l'aide-soigneur.

 

* Le soigneur :

- Il est en charge de la mallette de soins.

Avant la compétition, il en vérifie le contenu, les dates de péremption, et s'assure qu'elle soit complète.

Après le combat, il demande au club d'assurer le réassortiment des produits, (pommades, mèches Coalgan, vaseline, etc...).

 

- Il intervient lors de la ''minute de repos'' pour arrêter un saignement de nez, soigner une coupure, masser, rafraîchir, etc...ce qui demande évidemment une formation, et des compétences très spécifiques.

On n'apprend pas à ''soigner'' une arcade sourcilière ouverte sur place !!!

On ne peut donc s'improviser soigneur.

Il faut donc essayer de se former, mais aussi prendre conseils auprès des anciens soigneurs professionnels de boxe anglaise qui ont plein de petits trucs acquis sur le ring.

 

 

- Il intervient après le combat en aidant le combattant à récupérer au mieux.

Glaçage des hématomes, séance d'électrostimulation, boisson de récupération, etc...

Il faut éviter de laisser un combattant seul après le combat, et si tout le team est mobilisé par un autre combat, ce qui peut arriver lors d'un gala, il faut alors prévoir une personne pour rester dans le vestiaire, et assister si besoin le combattant (difficulté à marcher, état de fatigue, etc...),.

Il faudra être d'autant plus vigilant si ce dernier a été compté, voire mis K.O lors du combat.

 

- Le soigneur, (mais aussi l'aide-soigneur), peut également faire les bandages des mains, même si beaucoup de coachs aiment s'acquitter de cette tâche, qui leur permet d'échanger en tête avec leur athlète avant le combat.

Mais si le club a engagé plusieurs compétiteurs dans le même gala, le coach sera obligé de déléguer la réalisation des bandages à une tierce personne.

Certains clubs professionnels ont d'ailleurs leur spécialiste des bandages.

Tout un art qu'il faut maîtriser, notamment lorsque les compétiteurs ne boxent pas dans les mêmes classes.

 

* L'aide-soigneur :

Il est là pour faciliter la tâche du soigneur.

C'est lui qui généralement s'occupe de la logistique dans le vestiaire :

- Bouteilles d'eau, et boissons énergisantes ou de récupération, barres énergétiques, fruits, etc...

- seau, poche de glace, fer, éponge, serviette

 

Dans le coin du ring, il seconde le soigneur.

Tient les ustensiles (fer médical, poche de glace, bombe de froid), et les produits pharmaceutiques à disposition du soigneur, place une poche de glace sur la nuque du boxeur pendant que le soigneur s'occupe du combattant etc, ...

 

Au delà d'organiser, et de gérer le coin, lors du combat, le coach est aussi là bien entendu pour conseiller techniquement, tactiquement son athlète, mais aussi le motiver, lui apporter un soutien psychologique pendant le combat.

 

Dans le coin, il est le seul habilité à donner des conseils techniques, et tactiques au compétiteur durant, et entre les rounds.

 

rocky8.jpgUn coin c'est un coach, un soigneur, un aide soigneur, et personne d'autre.

Le promoteur, le cousin, ou la tante Germaine n'ont rien à y faire !!!

 

On ne devrait donc jamais voir un soigneur dire à un combattant ce qu'il doit faire, et encore moins un copain, un cousin, ou dieu sait qui venir ''balancer'' des inepties dans le coin, ce qui arrive encore trop souvent dans les compétitions de niveau régional.

Je me rappelle que, lors d'un combat à Levalllois Perret, j'avais dit à mon boxeur de ne pas écouter, ni même regarder le promoteur de la soirée si ce dernier venait lui dire deux, trois ''conneries'' dans le coin, et de rester concentré sur moi.

Mais pour que ça marche, il faut bien entendu que ce mode de fonctionnement ait été expliqué en amont, et que cette hiérarchie soit reconnue, et bien entendu acceptée de tous.

 

Le coach est le BOSS !!!

 

Mais être coach dans le coin d'un boxeur ne s'improvise pas.

Et un bon entraîneur ne fait pas forcément un bon coach de coin !!!

 

Certaines personnes ont de réelles compétences d'entraîneur, et sont capables d'emmener des combattants à leur meilleur niveau, mais dans le coin du ring, ces dernières n'arrivent pas à coacher avec efficacité leur compétiteur, et à l'inverse, de piètres entraîneurs font parfois de très bons coachs de coin.

C'est pourquoi au début de cet article, je distinguais bien les deux fonctions du coach : l'entraîneur, et l'homme de coin.

 

Dans le coin, le coach doit bien évidemment connaître parfaitement son combattant (capacités techniques, physiques, psychologiques), ce qui suppose qu'il soit le plus souvent aussi son entraîneur, ou une personne qui le suive très assidument à l'entraînement.

Il ne sert à rien d'être dans le coin d' un combattant que l'on ne connaît pas, car même si les consignes données sont pertinentes, si ce dernier ne les comprend pas, ou les comprend mais est incapable de les appliquées car non travaillées à l'entraînement, le coaching est alors totalement inefficace, voire contre-productif.

 

Le coach doit donc être capable d'analyser rapidement ce qui se passe sur le ring, préparer des réponses assimilables par le combattant, puis de les formuler clairement à ce dernier en moins de 60 secondes...

 

Les consignes du coach pendant (même si théoriquement ce dernier doit rester muet pendant les rounds), et entre les reprises doivent être claires, concises, et surtout pertinentes pour aider au mieux son boxeur à trouver la solution.

Hurler des ''Vas-y, t'es le plus fort'', et autres ''Rentre lui dedans'', ne servent donc pas à grand chose, et peuvent même perturber le combattant, car quand il revient dans son coin après avoir ''fait la guerre'' pendant un round, ce dernier à besoin de sérénité, de sentir que dans son coin les hommes gèrent la situation, et qu'il peut avoir confiance en eux.

 

Le choix des mots, la façon et le moment de les dire, vont faire que le message va passer, ou non, entre le coach et son combattant.

Le coach doit connaître les regards , les attitudes de chacun de ses combattants.

Certains se plongent dans une sorte de bulle lorsqu'ils retournent dans leur coin, et semblent absents de ce qui se passe autour d'eux, alors qu'au contraire, ils sont très réceptifs, et ''impriment'' tout ce que leur dit le coach.

Pour d'autres un regard hagard signifie qu'ils ne sont déjà plus dans le combat.

 

La première des conditions avant de donner une consigne, est donc de créer un lien direct avec son compétiteur.

Pour certains coachs ça sera le regard (les yeux dans les yeux), d'autres parleront à l'oreille, où poseront une main protectrice sur l'épaule, etc, etc...

A chaque coach son petit truc, qui évidemment peut-être différent d'un combattant à un autre.

Chez certains coachs l'empathie est une qualité innée, et naturelle, pour d'autres une formation initiale en sophrologie peut s'avérer très utile.

 

Mais bien évidemment le coach est avant tout un homme, (ou une femme) avec son vécu, ses traits de caractère, sa sensibilité, ses convictions, et tout ceci peut transparaître dans sa manière de coacher, et de se comporter avec ses compétiteurs.

Certains seront fusionnels avec leurs combattants, presque paternalistes, d'autres préfèreront au contraire garder une certaine distance.

 

 

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Fait de chair, et de sang, le coach souffre au bord du ring lorsque son poulain est en mauvaise posture.

Certains contiennent leurs émotions, et restent calmes extérieurement, alors que d'autres plus sanguins laissent exploser leur tempérament. Peu sont totalement détachés de la souffrance de leur combattant sur le ring.

 

Beaucoup de combattants diront à un moment de leur vie de fighter, que leur coach est comme leur père, qu'il fait parti de la famille, ce qui curieusement ne les empêchera pas d'en changer par la suite le plus souvent pour des raisons d'égo ou de sous... Combien de fighters de haut niveau sont restés fidèles aux couleurs de leur club, et au coach de leur début ??? (mais on pourrait poser la même question dans tous les sports).

 

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Un binôme mythique : Cus D'Amato & Mike Tyson

 

 

Evidemment, si nous étions dans un sport d'équipe professionnel, la question ne se poserait pas puisque le sportif professionnel est devenu un produit qui se vend, et se revend au club le plus offrant via les transferts.

 

Un système similaire existe d'ailleurs en Thaïlande, où un boxeur peut ainsi être vendu par son camp à un autre camp. Le nak-muay est un investissement.

Mais en France, où une poignée de compétiteurs de boxe pieds-poings gagne sa vie sur le ring, les relations humaines entre combattants et coachs devraient pourtant prévaloir sur quelques euros, et pourtant...

 

Personnellement, je considère qu'être coach dans le coin d'un combattant est une expérience humaine fabuleuse, et passionnante permettant de partager des moments forts, chargés d'une haute intensité émotionnelle.

 

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Championnat du monde W.K.A de kick-boxing : Didier Montoya vs Thomas Seiler

 

Des moments rares dans une vie, et la relation que j'ai avec mes anciens compétiteurs des années après qu'ils aient rangé leurs gants démontre à quel point ces moments de partage ont été importants, et nous ont aidés à nous construire en tant qu'individu.

Certains restent en contact via Facebook, d'autres me passent un petit coup de fil de temps en temps, ou me font une petite visite surprise.

Et le plus chouette pour moi est de voir que toutes ces gars que j'ai entraînés, et coachés quand ils avaient une vingtaine d'années, s'épanouissent aujourd'hui dans leur vie familiale, et professionnelle.

Certains ont même ouvert à leur tour un club de sport de combat.

 

Bien évidemment, il y aurait des tas d'autres choses à dire concernant le coach et ses fonctions, certainement de quoi écrire un livre, voire même plusieurs volumes, mais j'espère que ces quelques lignes tirées de mon expérience personnelle vous auront donné quelques pistes de réflexion.

 

 

R.RITE

Coach du Swaying Naja Camp

 

 

 

 

 

 



04/10/2017
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