Les boxes pieds-poings à Rouen et en Haute-Normandie

Les boxes pieds-poings à Rouen et en Haute-Normandie

Blessures en boxe pieds-poings, et psychologie

 

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Si aujourd'hui, entraîneurs, et compétiteurs sont tous convaincus de l'importance prépondérante du mental sur la performance sportive, la psychologie du sportif reste encore une grande inconnue pour beaucoup de coachs comme le démontre l'article de Sophie HUGUET , dont je donne les principales lignes en bleu, ou en rouge ci-dessous.

 

Je me permettrai de faire quelques commentaires, et partager quelques anecdotes tirées de mon expérience personnelle en tant qu'ancien compétiteur, et aujourd'hui entraîneur (en caractères blancs).

 

Avant d'entraîner des compétiteurs de niveau national, et international en muay-thaï, et en kick-boxing, j'ai moi-même été compétiteur à une époque où les entraîneurs de boxe pieds-poings n'avaient que leur passion, et leur bonne volonté pour préparer un athlète.

Une époque, où à défaut d'avoir une réelle expérience du ring, et de connaissances en préparation physique, et en diététique, les entraîneurs misaient tout sur le volume, et l'intensité d'entraînement...

Alors la psychologie, et les états d'âme du sportif... des ''trucs d'intellos'' dont on n' avait rien à faire, d'autant plus que l'on en ignorait tout !!!

 

Aspects psychologiques des blessures du sportif 

par Sophie Huguet

diplômée en STAPS et en psychologie

Auteur du livre : ''Sport psychologie et performance'' chez Amphora

 

 

Le sportif pense trop souvent que soigner une douleur, réparer un os cassé ou passer du temps chez le kinésithérapeute permet de retrouver la compétition dès que le corps semble être réparé.

 

Mais la blessure ne se limite pas au corporel, elle peut parfois être psychologique, voire psychosomatique.

 

Les médecins, kinés et entraîneurs sont appelés à résoudre la question de la guérison, du traitement, mais ils associent rarement le psychologue.

Pourtant, l’un des aspects primordiaux qui permettront à l’athlète de se remettre d’une blessure passe par une compréhension des aspects psychologiques liés aux blessures pour aborder cette question dans sa globalité.

 

Il est évident qu’il existe plusieurs types de blessures, et selon la sévérité, on observera soit des manifestations :

 

- physiques (douleurs, handicap passager) 

- émotionnelles (peur, anxiété, dépression) 

- sociales (séparation avec les autres, dépendance) 

- d’image de soi déformée ; et même dans certains cas une perte d’identité.

 

Dans les cas les plus sérieux, on observe une dépression, liée particulièrement à l’incertitude de revenir à son meilleur niveau.

 

Ainsi, pour soigner une blessure, il faut s’intéresser aux antécédents voire prédispositions et aux répercussions psychologiques que cela engendre chez le sportif.

Prédispositions aux blessures

 

Nul doute qu’il existe des sportifs plus en proie aux blessures que d’autres, car certains paramètres entrent en ligne de compte et expliquent comment un sportif se blesse plus souvent consciemment ou inconsciemment.

 

Afin de repérer les éventuelles prédispositions d’un sportif aux blessures, il est nécessaire de faire le point sur chaque blessure précédente: s’intéresser à la chronicité, à la peur éventuelle de se re-blesser, ou au fait que le retour s’est fait trop rapidement.

 

La première cause de prédisposition est nul doute l’athlète sujet au stress.

 

Le stress a un lien avec la probabilité de blessures en tant que distraction (réduit la vision périphérique) et surtout cause de tension musculaire  (réponse somatique) qui se solde par une inefficacité dans les gestes, manque de fluidité-coordination-souplesse : le corps se contracte et la blessure intervient.

 

D’autre part, les distractions internes (pensées négatives) peuvent également être source d’erreur, d’oubli d’un élément de routine qui amènent à une blessure provoquée par cette inattention.

 

Ainsi, des conflits psychiques peuvent se créer et induire du stress si le sportif ressent trop de pressions diverses.

 

Dans ce répertoire, il fait la liste d’un certain nombre de cause de blessures.

Tout d’abord, le sportif peut se blesser en réaction contre-phobique, c’est-à-dire que le sport et la compétition induisent trop d’anxiété, et ainsi la blessure vient neutraliser ses angoisses en y faisant face.

 

D’autres sportifs se blessent en fonction de leur rapport à la masculinité.

Dans certains sports (rugby, haltérophilie), le sportif prend des risques ou se surentraîne pour montrer son courage et sa virilité aux autres, ce qui est pourtant un manque de confiance en lui.

 

Certaines blessures peuvent être masochistes, c’est-à-dire que le sportif a une souffrance intérieure importante tournée sur lui-même et qu’’être blessé lui donne une certaine satisfaction.

 

Plus fréquemment, on observe des cas de blessures comme arme ou mensonge : afin de résister à une domination de l’environnement (pression des parents), le sportif se blesse pour ne pas aller à une compétition, et ainsi apporter quelques frustrations à l’environnement qui impose ses désirs.

 

Dans ma pratique, j’ai pu rencontrer de nombreux cas de sportifs chez qui la blessure était une bénédiction, pour ne pas aller à l’entraînement et affronter les objectifs pressentis par l’entraîneur.

Il en résulte souvent qu’une mauvaise communication est à l’origine de ce conflit entre l’entraîneur qui veut réussir plus que le sportif.

 

La blessure est aussi un moyen de s’évader, quand le sportif manque de confiance en lui, et lui permet de sortir d’une situation sans perdre l’estime de soi.

 

Enfin, il existe également des blessures de type psychosomatique, qui se révèlent dans la chronicité (nombreuses répétitions) et sans fondement physiologique.

 

Quelles que soient les causes des blessures, il arrive souvent que des blessures arrivent à un moment précis dans la vie du sportif.

 

On constate souvent que certains se blessent avant de grands rendez-vous compétitifs.

Ceci révèle souvent une peur du succès ou de l’échec ; pour un sportif qui gagne de petites compétitions mais jamais de grandes où il pourrait prouver sa propre valeur.

 

La réaction aux blessures dépendra donc des facteurs personnels (personnalité, historique des blessures) et de la situation (sévérité de la blessure).

Le sportif prendra en compte tous les paramètres pour réagir émotionnellement et faire face à la rééducation.

Ceux qui estiment avoir une difficulté à gérer la blessure vont souffrir plus souvent des perturbations émotionnelles.

Ces blessures qui interrogent

Il me semble surprenant que dans le sport professionnel, où la blessure est fortement médiatisée, commentée, l’entourage sportif (entraîneur) se borne à donner des explications d’ordre technique ou physique à des blessures chroniques, voire un enchaînement de blessures, alors que cela est probablement lié uniquement au psychologique.

 

Je pense à cet article relatant les blessures des joueurs de tennis. Par exemple, pour parler de certaines blessures de Gael Monfils, on évoque d’abord la pathologie osgood-schlater, ajoutant aussi qu’il y aurait des problèmes personnels.

 

On pense aussi aux nombreuses blessures de Sébastien Grosjean, Paul-Henri Mathieu ou même Amélie Mauresmo, qui n’ont pas provoqué des élans de remise en question de la part du joueur ou de l’entraîneur.

 

S’il y avait une recherche de solutions, dans les paramètres psychologiques, il semblerait évident que le corps somatiserait moins, et qu’il faudrait apprendre à ces sportifs de mettre des mots sur leurs douleurs ou même comprendre pourquoi certains se blessent aussi souvent.

Soutien psychologique et blessures

Pour l’entraîneur, il s’agit de comprendre ces aspects psychologiques en jeu et d’admettre qu’ils sont peut être prépondérants.

 

Pour établir mieux un diagnostic, il est conseillé de discuter avec le sportif de l’historique médical (comprendre les répercussions des blessures précédentes, et de s’intéresser à la somatisation. C’est à dire de faire le lien entre blessure et événement (ou stress) particulier dans la vie du sportif.

 

En conclusion, si la blessure a des origines et des répercussions psychologiques bien réelles, il est nécessaire d’effectuer un suivi psychologique pour de nombreux cas.

Le but d’un suivi psychologique est  avant tout de prévenir une blessure, d’aider à mieux guérir, et à gérer plus efficacement ses émotions pendant la rééducation.

 

 

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En lisant cet article, je n'ai pu m'empêcher de me remémorer les propos tenus par l'un de mes entraîneurs de l'époque, et mesurer à quel point la psychologie du compétiteur était totalement ignorée.

 

Je vais commencé par une phrase qui en dit long sur le niveau zéro de la préparation mentale de l'époque, et la subtilité des préceptes :

'' quand tu boxes, si tu prends un coup, et que ta tête tombe, roule par terre, tu la ramasses, la revisses sur tes épaules, et repars au charbon !!! ''

Je ne peux pas affirmer que c'était exactement les mots employés par l'entraîneur, mais l'idée générale était la même...

Avec le recul, je ne suis pas convaincu que ce type de conseil suffise pour aider le compétiteur à maîtriser son stress avant une compétition, même si pour certains ça à peut-être eu son effet.

 

Bien entendu, cette phrase est complètement anecdotique, mais elle illustre bien l'idée que l'on se faisait du combattant à l'époque (peut-être encore aujourd'hui d'ailleurs ???) : Une machine de guerre qui n'a peur de rien.

 

La peur : Sujet ô combien tabou... Au point que lorsqu'un boxeur parlait de psychologie, il avait l'impression de parler maladie, comme si tout besoin d'un soutien psychologique était un aveu de faiblesse.

 

Dans son article, Sophie Huguet le souligne fort bien lorsqu'elle écrit : '' ... il est conseillé de discuter avec le sportif, de s’intéresser à la somatisation.

C’est à dire de faire le lien entre blessure, et événement (ou stress) particulier dans la vie du sportif.''

 

En fait, on s'aperçoit que la sérénité, et l'équilibre psychologique d'un compétiteur passent par une réelle communication avec son coach, ce qui suppose avant toute chose, une grande confiance mutuelle. 

Mais bien souvent, par crainte d'être jugé, et considéré comme faible, le compétiteur ne parlera pas à son coach de ses difficultés, d'autant plus si ce dernier pointe le doute, le stress comme des faiblesses indignes d'un combattant.

 

Je me souviens qu'après un entraînement mon coach m'avait demandé de discuter avec l'un de mes copains de club qui préparait un combat important, pour connaître en gros ses états d'âme, car il sentait que quelque chose clochait.

Le copain disputa son combat, et laissa tomber le club, et le muay-thaï la semaine suivante, alors qu'il était considéré comme un compétiteur plein d'avenir...

 

Il est évident que c'était à l'entraîneur d'en discuter avec son champion, mais par pudeur, et parce qu'il est mal aisé de parler de certaines choses lorsqu'on fait un sport viril comme la boxe, ce dernier esquiva le problème, et perdit du coup l'un des meilleurs éléments du club.

 

Etablir une relation de confiance qui permette de discuter de tout, ou presque avec son compétiteur est essentiel, mais ceci ne sera possible que si le combattant sait ne pas être jugé par son entraîneur.

 

Mais parfois ça ne suffit pas, car un entraîneur n'est pas forcément un spécialiste des rouages neurologiques, et du comportement; et s'il peut être capable d'écouter, et de comprendre les problèmes rencontrés par son compétiteur, il n'est pas toujours en mesure d'apporter une solution, d'où l'intérêt de faire appel aux compétences d'un préparateur mental.

 

Mais pour considérer que la préparation mentale d'un athlète fait partie intégrante de l'entraînement, il faut que le coach ait une vision plus humaine du boxeur, que le doute, la peur, ne soient plus considérés comme honteux, mais comme un stress réflexe que le compétiteur doit apprendre à gérer avec l'aide de son staff.

 

Bien entendu que ça existe le combattant impassible, qui ne stresse pas, froid comme un iceberg, ou à l'inverse, chaud bouillant comme un volcan, et qui fait presque la fête en montant sur le ring, mais je ne crois pas que ce soit une généralité, bien au contraire, et je dirais même que certains comportements décrits ci-dessus sont souvent des petits trucs, des stratégies conscientes, ou inconscientes permettant de gérer le stress.

 

Chaque combattant est unique, et réagira différemment face au stress.

Certains le feront de façon ''automatique'', c'est à dire qu'ils seront capables d'auto-gérer la pression, d'autres auront besoin de l'aide de leur coach, de leur entourage, ou d'un préparateur mental, et d'autres, ceux qui ont honte de douter, d'avoir peur, opteront pour des produits illicites comme les amphétamines, la cocaïne, pour se sentir invulnérables, et capables de surmonter l'épreuve à venir.

 

La première des victoires est d'être honnête avec soi même, mais ce n'est pas évident pour un combattant de s'avouer qu'il peut lui arriver de ressentir la peur.

J'ai déjà entendu des combattants dirent qu'ils n'avaient jamais eu peur avant, ou pendant un match.

 

 

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'' D’autres sportifs se blessent en fonction de leur rapport à la masculinité.

Dans certains sports (rugby, haltérophilie), le sportif prend des risques ou se surentraîne pour montrer son courage, et sa virilité aux autres, ce qui est pourtant un manque de confiance en lui.''

 

Classique !!!

Face au doute, à la crainte de l'échec, que fait le compétiteur ???

Il s'entraîne encore, et toujours plus dur.

 

Aujourd'hui, j'en suis d'autant plus conscient, que j'ai réagi ainsi pendant des années; et si en plus votre entraîneur en remet une couche lorsque vous perdez un combat, c'est la fin de tout.

Vous ne savez plus où vous en êtes, vous culpabilisez parce que vous pensez ne pas en avoir fait assez, et vous vous entraînez encore plus dur pour votre prochain combat ...

Résultat : surentraînement, fatigue, maladie, ou blessure à la clef.

 

Il faut être conscient que lorsqu'un combattant arrive en fin de préparation, il est en équilibre sur un fil rouge.

S'il arrive à rester en équilibre sur ce fil, il arrivera normalement au top de sa forme physique, et pleinement confiant en ses moyens.

Mais il suffit alors d'un tout petit rien pour tout dérégler.

Un entraînement de trop, ou programmé au mauvais moment, une perte de poids de dernière minute, une séance de sparring mal gérée, pour que tout le boulot fait en amont s'écroule, et que la contre-performance soit au rendez-vous.

Il m'est arrivé souvent de boxer avec un début de crève, certainement dû au surentraînement, ou à une réaction psychosomatique.

Quand vous êtes jeune compétiteur, et que vous vous rendez compte que votre entraîneur ne prend pas du tout en compte cet aspect de la préparation, vous commencez à vous poser beaucoup de questions, et comme on disait à l'époque : ''un combattant qui réfléchit  trop, c'est pas bon !!! ''.

 

Un compétiteur doit pouvoir compter sur son coach en cas de difficultés, mais si ce dernier n'a pas les compétences requises (personne n'a la science infuse), il doit alors se faire aider par quelqu'un de qualifié comme un sophrologue, ou un préparateur mental.

 

Ce qui est bien avec l'empirisme, c'est qu'un coach un peu réfléchi, peut tirer une leçon de ses échecs (comme de ses victoires, bien entendu), et ainsi éviter de reproduire le même modèle avec ses boxeurs.

Alors que j'ai la réputation d'être coach exigeant, il m'est ainsi arrivé en fin de préparation d'un combat, d'écourter de moitié un, ou deux entraînements pour préserver mon compétiteur, ou parce que je voulais qu'il reste sur de bonnes sensations à quelques jours de l'échéance.

De même, j'ai pris l'habitude d'expliquer à mes compétiteurs comment leur entraînement est planifié, sans rentrer dans les détails, car j'estime qu'ils seront encore plus investis s'ils comprennent pourquoi leur coach leur demande de faire ça ou ça.

 

Le jour de l’épreuve sportive certains seront au top de leur forme alors que d’autres manqueront d’entraînement, mais dans les moments difficiles, ce qui fera la différence entre gagner ou perdre, finir la course ou non, établir un nouveau record personnel ou non, c'est le mental !!!

Dans un match de boxe, on voit régulièrement des boxeurs remporter leur combat au mental, en imposant l'épreuve de force (physique, et mentale), alors qu'ils sont dominés techniquement.

 

Le mental est un facteur déterminant de notre seuil de tolérance à la douleur, à la fatigue, au stress, et de notre aptitude à renverser une situation défavorable. 

 

 

Certains sportifs ont naturellement plus de force mentale que d'autres. Il ne se posent pas de questions comme on dit (pas sûr qu'ils ne connaissent pas eux aussi des moments de doute, mais ils ont développé une grande capacité à les gérer).

Alors cet mental de gagnant est-il inné, ou conditionné par l'environnement ?

Certainement un peu des deux, mais ce qui est sûr, c'est qu'il est possible de s’entraîner pour être plus fort mentalement et en tirer des bénéfices dans sa vie de sportif, comme au quotidien.

 

Bon entraînement

Le Coach

 

 

 

 

 



10/08/2017
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